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Illustration d'Marquinhos

FICHE JOUEUR · SAISON 2024-2025

Marquinhos

Douze ans, une coupe, un capitaine

Défenseur central · N°5

Il est arrivé à Paris en juillet 2013, contre 31 millions d'euros, à 19 ans. Depuis, dix titres de champion de France, huit Coupes de France, plus de cinq cents matches sous le maillot rouge et bleu, et une demi-douzaine d'éliminations en Ligue des Champions qu'il aurait préféré ne jamais vivre. Le 31 mai 2025 à Munich, à 31 ans, Marquinhos devient le premier capitaine parisien à soulever la coupe aux grandes oreilles. Douze ans d'attente refermés en un geste.

La saison en chiffres

Parcours 2024-25
Capitaine d'une équipe qui gagne le sextuplé
Ligue des Champions
Titulaire du début à la fin du parcours, équipe-type UEFA
Jalon personnel
100e match de C1 en carrière au 1er février 2025 à Brest
Parcours parisien
12 saisons, plus de 500 matches, 10 titres de L1 à ce jour
Sélection
Capitaine du Brésil depuis octobre 2017

Douze ans

Été 2013. Marcos Aoás Corrêa, dit Marquinhos, quitte la Roma pour Paris contre 31 millions d'euros. Il a 19 ans, une seule saison en Serie A derrière lui, et un contrat de longue durée avec le club qatari qui vient d'être repris par QSI deux ans plus tôt. La direction le présente comme un pari sur l'avenir. Thiago Silva est la star défensive, lui sera le futur.

Le futur prend douze ans à s'écrire complètement. Entre 2013 et 2024, Paris gagne neuf titres de Ligue 1 et sept Coupes de France avec lui en défense. En Coupe d'Europe, le club bute huit fois sur le mur. Une finale perdue en 2020. Deux demi-finales perdues. Cinq huitièmes ou quarts perdus, souvent de manière spectaculaire. Chaque fois, Marquinhos est sur le terrain. Chaque fois, il porte le brassard à partir de 2020, quand Thiago Silva part à Chelsea.

La question qu'on lui pose le plus souvent dans les interviews de printemps, c'est pourquoi rester. Il a eu des offres. Il a eu le droit de partir. Il a choisi de continuer. Le contrat signé en mai 2023, jusqu'en juin 2028, tranche publiquement la question : Marquinhos veut gagner cette coupe à Paris.

Les portes fermées

Pour mesurer ce que soulever la coupe à Munich signifie chez Marquinhos, il faut se souvenir des matches qu'il a perdus avant. 2016-17, huitième retour, Camp Nou, 1-6. Remontada historique, Paris gâche un 4-0 aller. 2018-19, huitième, Manchester United se qualifie sur un penalty dans le temps additionnel au Parc. 2019-20, la première finale pour Paris à Lisbonne. 0-1 Bayern, but de Coman, produit de la formation PSG. Il reste le Brésilien qui a défendu pendant 90 minutes et perdu pour rien.

2020-21, demi-finale contre Manchester City, 1-2 puis 0-2. 2021-22, huitième retour au Bernabéu, Benzema triplé en dix-sept minutes. 2022-23, huitième contre le Bayern, 0-1 au Parc, 0-2 à Munich. 2023-24, demi-finale contre Dortmund, 0-1 à domicile, 0-1 en Allemagne. Huit campagnes, huit éliminations. Certaines brutales, certaines juste cruelles.

Chaque printemps, les supporters et la presse refont la liste. Chaque été, Marquinhos prolonge, reprolonge, porte le brassard l'année d'après. La routine de la loyauté, devenue presque un sujet sensible dans le vestiaire. «Il y a des gens qui sont passés ici et qui n'ont pas réussi. Mon idole Thiago, Lucas, Zlatan, Cavani, Di María», dira-t-il à Munich, dédiant le titre à ceux qui n'avaient pas pu.

Moments clés

Cinq instants d'une carrière de douze ans à Paris, refermée sur un trophée que huit éliminations précédentes avaient chaque fois éloigné.

  1. Signature depuis la Roma

    Paris le recrute à 19 ans, pour 31 millions d'euros, après une seule saison à Rome. Il est présenté comme le futur de la défense, Thiago Silva est encore la star du vestiaire.

  2. Lisbonne, 0-1 Bayern, finale perdue

    Première finale de Ligue des Champions pour Paris. Kingsley Coman, formé au PSG, marque le seul but de la partie. Marquinhos joue 90 minutes et rentre sans trophée.

  3. Brest, 100e match de C1

    3-0 à Brest, barrages. Marquinhos atteint son 100e match en Ligue des Champions en carrière. Premier joueur de l'histoire du PSG à atteindre ce palier sous le même maillot.

  4. Munich, Pastore lui tend la coupe

    Finale gagnée 5-0. Javier Pastore, première grande signature de l'ère QSI en 2011, apporte le trophée. Il le tend à Marquinhos. Le capitaine la soulève, premier à Paris depuis l'arrivée des Qataris.

  5. «Douze ans de galère»

    Au micro de M6, Marquinhos lâche la phrase qui fera le tour : «Ça fait 12 ans de galère et de souffrance. J'ai souffert, mais j'ai grandi avec cette équipe.»

La campagne enfin

1er février 2025, Brest. Paris écrase 3-0, puis 7-0 au retour. Dans la boîte de statistiques de fin de match, une ligne discrète passe : Marquinhos vient de jouer son 100e match en Ligue des Champions en carrière. Premier joueur de l'histoire du PSG à atteindre ce total sous le même maillot.

À Anfield, huitième retour, il ne tirera pas au but dans la séance. Il a été averti en fin de rencontre. Vitinha, Ramos, Dembélé, Doué s'en chargent. Donnarumma écarte Núñez et Jones. Paris passe. Au cours de la campagne, Marquinhos joue chaque match, chaque minute qui compte, aux côtés successivement de Pacho et Beraldo. Il termine dans l'équipe-type UEFA de la saison.

31 mai 2025, Allianz Arena. Dans son casque avant le coup d'envoi, un défenseur brésilien de 31 ans regarde le plafond. L'Équipe, à la fin du match, le notera 7 sur 10, soulignant une «couverture» à la 40e, une interception à la 46e, une maîtrise sur Lautaro Martinez à la 45e. Il joue 90 minutes, ne prend aucun carton, et au coup de sifflet final, Paris mène 5-0. Pacho et lui tiennent une feuille de match à zéro but encaissé.

Munich, le trophée

Avant la cérémonie, Javier Pastore est invité sur scène pour amener le trophée. Pastore a été la première grosse signature de l'ère QSI en 2011, 42 millions d'euros à Palerme. Il n'a jamais gagné la C1 à Paris. Il sourit, porte la coupe, descend, la pose devant Marquinhos. The Athletic résumera la scène : «Pastore la lui tend, sans doute en souhaitant être celui qui la lèverait dans le ciel de Munich, pas le capitaine du PSG.» Marquinhos la prend des deux mains, la soulève en haut. C'est le premier.

En zone mixte, à Canal+ : «Je n'ai plus rien, j'ai tout donné. J'aime cette équipe. Les supporters sont fiers de nous. Profitez-en les gars, je vous aime.» À M6, l'autre phrase qui fera le tour : «Ça fait 12 ans de galère et de souffrance. C'est un mélange de joie, de toutes les émotions qu'on a vécues ensemble. J'ai souffert, mais j'ai grandi avec cette équipe.» À PSG TV : «On voulait la gagner à notre manière.» À beIN : «C'est le plus beau jour de ma vie.»

Il y a des moments de carrière qui se jouent en une demi-saison. Douze ans, c'est autre chose. C'est un cycle entier. Marquinhos a attendu le cycle entier pour soulever cette coupe. La suite lui appartient. Son contrat court jusqu'en 2028.

Sources

Article rédigé par Lamine DIABY, supporter du PSG. Les analyses tactiques sont des commentaires éditoriaux personnels. Les faits cités sont recoupés avec les sources ci-dessus. Une erreur ? Écrivez à contact@psg-2025.com.