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Illustration d'Vitinha

FICHE JOUEUR · SAISON 2024-2025

Vitinha

Le cerveau discret au milieu du 4-3-3 de Luis Enrique

Milieu de terrain · N°17

Vitinha ne crie pas. Il ne dribble presque jamais. Il marque peu. Il oriente le jeu de Paris avec un premier contrôle, un profil de passe, une lecture. En octobre 2024, Luis Enrique le nomme vice-capitaine et tireur de penalty numéro un du club. Neuf mois plus tard, il soulève la Ligue des Champions. Deux mois après, il finit 3e au Ballon d'Or, derrière Dembélé et Yamal.

La saison en chiffres

Toutes compétitions
59 matches, 8 buts
Ligue 1
29 matches, 5 buts, équipe-type UNFP
Ligue des Champions
17 matches, 2 buts, équipe-type UEFA
Ballon d'Or 2025
3e au classement, 703 points
Distinctions
FIFPro World 11, Meilleur milieu Globe Soccer 2025

Le pilier

Arrivé de Porto en 2022 contre 40 millions d'euros, Vitinha passe une première saison discrète, une deuxième plus nette, et attend Luis Enrique comme on attend un coach qui va enfin savoir où le placer. Le technicien espagnol le voit dès la reprise de 2023 comme le pivot bas de son 4-3-3, celui qui touche le plus de ballons, celui qui dicte la respiration du bloc.

Eté 2024, Mbappé part au Real. Paris perd du tranchant, gagne de l'équilibre, et trouve autour de Vitinha son axe de gravité. Le 22 août 2024, Luis Enrique annonce publiquement que le Portugais est son vice-capitaine et son premier tireur de penalty. Deux décisions qui signifient la même chose : il a la confiance totale du staff.

La saison démarre sans qu'un match lui échappe. Il ne s'arrête pas. 59 apparitions toutes compétitions, un temps de jeu qu'aucun autre milieu européen de haut niveau ne peut afficher sur la saison complète.

Un détail qui échappe souvent au grand public : c'est lui qui engage chaque match. Au coup d'envoi, le 4-3-3 parisien a une routine héritée de Lyon selon Luis Enrique. Vitinha frappe directement le ballon en touche, profondément dans le camp adverse, Paris monte presser dès la remise en jeu. À partir de la victoire contre Manchester City le 22 janvier, PSG a marqué le but d'ouverture en moins de 20 minutes dans neuf matches combinés de Ligue des Champions et de Coupe du monde des clubs. Le plan démarre à la première seconde. Souvent par son pied.

La saison du Ballon d'Or

Dans la hiérarchie publique, Vitinha n'est pas la star. Dembélé marque, Doué enchante, Donnarumma sauve, Hakimi s'illustre. Vitinha fait tout ce qui n'apparaît pas au montage des résumés : il sort sous pression, il oriente, il oriente à nouveau, il intercepte, il relance. La presse européenne commence à s'en rendre compte après le tour de C1 contre Manchester City en janvier.

Sur la saison, Luis Enrique multiplie les phrases. «Vitinha est de classe mondiale, sans le moindre doute», lâche-t-il lors d'une conférence. Plus tard, il enfonce le clou : «Pedri et Vitinha sont les deux meilleurs milieux du monde.» Dans la bouche d'un coach qui a eu Xavi et Iniesta à Barcelone, cela se mesure.

Le 22 septembre 2025, à Paris, la scène suit les chiffres. Dembélé soulève le Ballon d'Or. Lamine Yamal est deuxième. Vitinha troisième, 703 points. Trois joueurs présents sur le terrain de Munich occupent les trois premières places du podium mondial. Deux sont parisiens.

Moments clés

Cinq instants d'une saison où Vitinha, premier en touches de balle dans tout l'effectif, est devenu le troisième meilleur joueur de la planète.

  1. Vice-capitaine et tireur de penalty

    Luis Enrique le désigne publiquement vice-capitaine de PSG et tireur de penalty numéro un. Deux décisions qui disent la même chose : confiance absolue.

  2. Manchester City, coup franc à Neves

    Paris-Manchester City, phase de ligue. PSG mené 2-0. Vitinha sert Neves d'un coup franc dans la surface à la 78e. PSG gagne 4-2, sauve sa C1.

  3. Emirates, homme du match

    Arsenal-PSG 0-1. Vitinha est désigné homme du match par l'UEFA. Il contrôle le milieu du terrain pendant 90 minutes sans faute technique relevée.

  4. Munich, impliqué sur deux buts

    Finale à Munich. Sa passe lance Doué sur le 1-0 de Hakimi. Son ballon en profondeur libère Doué sur le 3-0. Sports Illustrated le note 8 sur 10.

  5. Ballon d'Or, 3e

    Cérémonie à Paris. Vitinha finit 3e, 703 points, derrière Dembélé et Yamal. Deux Parisiens sur le podium mondial.

Les grands matches

Manchester City au Parc, 22 janvier 2025. Phase de ligue de C1. Paris est mené 2-0, le classement tremble, l'élimination tôt se profile. À la 78e, Vitinha enroule un coup franc au deuxième poteau, João Neves monte, 3-2. Paris finira 4-2, assurera les barrages. Sans cette phase, le chemin vers Munich ne s'ouvre pas de la même façon.

Anfield, 11 mars. Huitièmes de finale retour, tirs au but. Vitinha marche le premier vers le point de penalty pour Paris, regarde Alisson une seconde, frappe dans la lucarne. Plus tard, on dira qu'il a donné le ton à toute la séance. Donnarumma arrêtera les tirs de Núñez et Jones.

Emirates Stadium, 29 avril. Demi-aller contre Arsenal. Paris gagne 1-0, Vitinha termine homme du match UEFA. Le retour au Parc, il manque un penalty arrêté par Raya, puis fournit le dernier avant-dernier passeur sur le but de Hakimi. Paris passe 3-1 sur l'ensemble.

Munich, 31 mai. Finale. Sur le but de Hakimi à la 12e, c'est lui qui trouve Doué dans l'intervalle. Sur le 3-0 à la 63e, le ballon lui arrive dans les pieds sur une talonnade de Dembélé. Le milieu théoriquement le plus bas de l'équipe surgit trente mètres plus haut et lance Doué seul face à Sommer. Sports Illustrated le note 8 sur 10, L'Équipe le même 8. «Il a dirigé la rencontre», écrit la revue américaine. «Il a pu orienter à son aise», écrit la française.

L'inspiration qu'il revendique

Quand on lui demande qui l'a inspiré, Vitinha donne toujours le même nom. «Sans le moindre doute, celui qui m'a le plus inspiré, c'est Iniesta.» Il ajoute, quand on le compare à Xavi-Iniesta avec João Neves : «Je ne peux pas me comparer. Nous ne sommes pas à leur niveau. En tout cas, pas encore.»

En octobre 2025, il est nommé meilleur milieu mondial par Globe Soccer. Intégré à l'équipe mondiale FIFPro. Son poster sera accroché dans les vestiaires de jeunes à Vila das Aves, son village du nord du Portugal. Son père, ancien pro, finaliste de la Coupe du Portugal en 1999 avec Campomaiorense, regardera la cérémonie avec le même calme qu'il transmettait à la maison. Le cerveau de l'équipe championne d'Europe est son fils.

Sources

Article rédigé par Lamine DIABY, supporter du PSG. Les analyses tactiques sont des commentaires éditoriaux personnels. Les faits cités sont recoupés avec les sources ci-dessus. Une erreur ? Écrivez à contact@psg-2025.com.